8bdb txp page_title/> Domingo del Pino: Entretien avec le poête marocain Abdellatif Laabi

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Entretien avec le poête marocain Abdellatif Laabi :: 03/11/1971

La culture subversive d’Abdellatif Laabi

Domingo del Pino. Distribué par Prensa Latina, le mois de decembre de 1971

Abdellatif Laabi, poète, professeur de français, directeur de la revue Souffles, la seule revue marocaine en langue française, est né en 1942 d’une famille de petits artisans, résidant à Fez. Il a étudié au Lycée Moulay Idriss de sa ville natale, et a fait une licence de Lettres françaises à L’Université Mohamed V de Rabat.

En 1966 il créa avec d’autres la revue Souffles, au début consacrée à la littérature mais qui s’oriente aujourd’hui vers le dialogue idéologique. En 1967 il publie son premier recueil de poèmes: Race, et en 1969 son premier roman, L’Oeil de la Nuit. En 1970 est publiée une anthologie des poètes palestiniens militants, intitulée Poésie Palestinienne de Combat. Il prépare actuellement un nouveau recueil de poésies intitulé: Le régne de la Barbarie, et son second roman: *_Chroniques du pays du Soleil_. *
Militant et activiste culturel et révolutionnaire, Abdellatif Laabi, outre son activité littéraire, anime un groupe de recherche culturelle et a organisé des conférences sur les problèmes et la réalité de la culture marocaine. Sa maison est un magasin de livres, de revues, de peintures, de poèmes, qui encombrent des rayons encombrés, et se promènent tels des objets animés, par les meubles, les siéges, les tables, jusque par dessous les chaises.

Il était très tard lorsque je l’ai appelé; il me dit qu’il était très pressé par le temps; qu’il préparait ses valises. Il devait partir en voyage le lendemain matin pour participer à une réunion de poésie organisée par le gouvernement iraquien, dans la région historique de Basrah. Il ne disposait que de quelques minutes, mais les heures ont passées sans que nous nous en apercevions. Abdellatif Laabi parle de la culture marocaine comme un marin parle des étoiles, et le paysan des nuages et des pluies.

PL
À première vue, il semble que les contradictions économiques du Maroc se sont accrues lors de ces dix dernières années, alors que parallèlement et paradoxalement le mouvement progressiste me parait aujourd’hui plus faible. Que pensez-vous de cela sur le plan culturel? Existe-t-il une structure culturelle capable d’intégrer d’un point de vue intellectuel la lutte que le peuple marocain devra sans doute mener à bien?

A Laabi

Oui, mais en premier lieu j’aimerais apporter une précision. Sur le terrain politique, contrairement à ce vous affirmez, je crois que ces dernières années la lutte des masses populaires contre l’oligarchie est plus forte que jamais. Et ceci, tant dans les milieux ouvriers que paysans, sans parler de la lutte ininterrompue de la jeunesse étudiante et lycéenne. Cette lutte, qui a pratiquement commencé en 1962, a atteint son paroxysme en 1965, avec le massacre de Casablanca, où plus de 600 étudiants furent tués.

Cet événement s’est reproduit en 1967 et 1968, et ces deux dernières années. Les étudiants n’ont repris les cours que depuis quelques semaines. On peut donc dire que bien que le pouvoir se soit fascisé davantage et se soit rapproché chaque fois plus de l’impérialisme, la montée des masses populaires se fait sentir et son organisation commence à prendre du poids. Sur ce plan là, la gauche traditionnelle s’est dégonflée, si vous voulez, et sa politique diplomatique vis-à-vis du pouvoir l’a exclue finalement du mouvement révolutionnaire.

Ceci ne signifie pas qu’il n’y ait pas de nouvelles forces révolutionnaires qui se structureront et qui créeront certainement une organisation plus efficace pour la lutte des masses populaires sur le terrain politique. Quant à la culture, la situation au Maroc se caractérise, d’une part, par une domination totale de la culture impérialiste à l’université, dans les missions culturelles qui se sont installées ici, dans le Corps d’Assistants Techniques, dans Les Corps de la Paix et dans le projet en cours de la construction d’une université américaine à Tanger.

Face à cette culture, on peut dire que la culture officielle est au service de l’impérialisme, c’est une culture folklorique. Le régime joue un rôle tout à fait négatif sur le plan de la culture, car tout ce qu’il fait c’est folkloriser la culture nationale, en faire un objet à sensation et de consommation pour touristes. La seule manifestation culturelle officielle, celle qu’organise le Ministère de la Culture, est le Festival folklorique de Marrakech, où le folklore marocain est servi à la consommation.

Le démembrement par le régime de la culture nationale se manifeste aussi dans sa politique en matière d’art et d’artisanat. L’artisanat a été entièrement travestie par la politique d’exportation. L’artisan fabrique aujourd’hui des objets en série pour l’exportation-

Evidemment, face à cette situation il y a plusieurs courants. D’abord le courant, animé plus ou moins par la bourgeoisie nationale et la petite bourgeoisie. Puis il y a des courants plus combatifs représentés par des intellectuels que nous pourrions qualifier de révolutionnaires. Quelle est la frontière entre ces deux courants? Le premier est puissant et important, car la bourgeoisie est la seule à posséder des moyens de communication, comme la presse, etc. Le Parti de l’Istiglal, le parti de la bourgeoisie, possède deux journaux nationaux, les deux seuls, peut on dire, car les autres sont ou bien officiels ou bien porte paroles des intérêts étrangers.

À l’intérieur de cette culture bourgeoise il est, cependant, nécessaire de distinguer deux axes: le premier plus ou moins théologique, et par suite plus traditionnel, le second plus moderniste dans le sens technocratique, qui fait appel à la technique occidentale, et avec cette dernière aux modèles occidentaux, tant pour résoudre les problèmes économiques que sociaux.

L’autre courant, animé par les intellectuels révolutionnaires cherche précisément à diffuser parmi les jeunes cadres et les jeunes intellectuels, l’idée d’une culture qui n’appartient pas à proprement parler aux intellectuels mais aux masses populaires. Notre rôle est de contribuer à l’ascension de ces forces créatrices qui existent dans les masses populaires, inhibées par l’impérialisme, le régime, et le courant bourgeois, dont l’une des caractéristiques est de prétendre s‘ériger en monopolisateurs de la culture et de la création.

Quant à la production intellectuelle, on peut dire que les résultats sont pauvres, excepté peut-être au théâtre avec certains groupes, plus ou moins semi-officiels et subventionnés. Mais les peintres, poètes, écrivains, ne font partie d’aucun parti et d’aucun courant idéologique déterminés. L’isolement des masses et de leur lutte prédomine. L’idée plus répandue est que la création est un don sacré et que le créateur est une super intelligence qui ne doit pas se salir les mains dans une lutte ou une action de masses. Evidemment cette idée n’est pas généralisée.

Par exemple l’an dernier a eu lieu une exposition en plein Djema al Afnaa(marché et place populaire) de Marrakech, de plusieurs peintres. Certains poètes travaillent également en contact avec les jeunes lycéens, les jeunes étudiants, tentent de créer des groupes d’amateurs qui veulent promouvoir un théâtre militant un théâtre politique. II y a certaines revues, comme la nôtre Souffles, qui veut propager des idées justes et dépasser le cadre traditionnel. Telle est grosso modo la situation culturelle actuelle au Maroc.

PL

Au Maroc, comme partout en Occident, la culture fait partie du système, et dans une certaine mesure le sert. Vous venez de me dire qu’il y a deux tendances culturelles et que le régime tente de folkloriser la culture. Comme poète de cette seconde tendance, que vous avez appelée “intellectuels révolutionnaires”, de quelle façon pensez-vous que le Maroc se donnera ces conditions sociales et économiques qu’il ambitionne, et quel rôle, peut jouer, selon vous, la culture?

AL

Je crois, en premier lieu, que le rôle de la culture n’est pas de supplanter l’action politique. II est évident qu’il ne peut y avoir de libération culturelle totale sans un changement radical et violent qui détruise par la racine la structure sociale basée sur l’exploitation de l’homme par l’homme. Seul ce changement peut permettre la naissance d’une culture qui développe la totalité des facultés rationnelles et sensibles de l’homme. Mais, dans la phase de la lutte anti-impérialiste la culture peut jouer un rôle, limité bien sur, mais important.

Actuellement, par exemple, vous devons lutter contre ce que diffuse la pensée bourgeoise à la Faculté, à la radio, à la télévision et au cinéma qui, au Maroc, est un produit impérialiste par excellence. Nous devons lutter parmi les masses contre cette aliénation, dont elles souffrent quotidiennement.

Parallèlement au développement du travail politique, qui doit démontrer au peuple qu’il n’y a pas de solution possible s’il ne s’organise pas, notre rôle en tant qu’intellectuels révolutionnaires est de leur faire comprendre leur force créatrice sur le plan politique et aussi sur le plan culturel. Il faut donc élever la conscience des masses et combattre l’aliénation. Dans les conditions spécifiques du Maroc, le rôle de la culture est extrêmement subversif et déterminant.

Sans une véritable révolution des esprits, une révolution selon nos propres réalités, il ne peut y avoir de changements radicaux sur le plan politique. Je ne dissocie donc pas l’activité politique et culturelle; au contraire, je dis qu’elles sont en relation, comme l’ont montré toutes les révolutions. Lénine lui-même disait que la culture est une vis, un mécanisme de plus de la révolution. La culture, avant la révolution, prépare sur le plan idéologique la révolution politique.

PL

L’influence des moyens massifs de propagande et d’information dans la conformation de la pensée, l’orientation et même les attitudes des masses sont totalement méconnues. Etant donné que ces moyens sont au Maroc entre les mains ou bien du gouvernement ou bien de la bourgeoisie, quelles sont les possibilités réelles des intellectuels révolutionnaires et même petits-bourgeois – courant que vous mentionnez – d’influencer les masses?

AL

Evidemment les possibilités d’influence ne sont pas comparables. Cependant il faut souligner que les masses marocaines ne sont pas disposées, loin de là, à supporter passivement cette influence des moyens de propagande. Le peuple sait à quoi s’en tenir avec l’oligarchie et il se méfie par conséquent du contenu de ces moyens de diffusion. Quant à nous, il est clair que le travail que nous faisons ne pourra avoir une grande influence que lorsque la lutte politique avancera: le travail culturel va de paire avec le travail politique. Notre objectif est de parvenir à créer une véritable armée de la culture qui à tout moment et à chaque occasion remette en cause la culture bourgeoise, la démystifie, et montre la nouvelle voie, l émergence de la culture des masses et du pouvoir créateur du peuple.

La culture révolutionnaire se développe parallèlement à la lutte politique qui au Maroc construit son édifice.

PL

_Précisément, au moins en apparence, la lutte politique si elle n’a pas diminué, s’est affaiblie au Maroc. La gauche semble plus divisée, moins organisée, et la nouvelle formule unitaire Al Koutla Al Watania (Front National) montre une fragilité qui lui vient peut être des forces si disparates qui l’intègrent._

AL

Je crois que nous aurions dû commencer par les problèmes politiques avant d’aborder les problèmes culturels. En effet, la structure des organisations politiques, peuvent donner l’impression d’un certain recul de la résistance. Je crois que ce n’est pas exacte. Mais à mon avis ce qui importe c’est le potentiel révolutionnaire des masses. Plus ce potentiel se développe, plus le système s’affaiblit. Nous pouvons dire que ce potentiel des masses est plus puissant et plus développé que jamais.

Les insurrections paysannes qui se sont déroulées au Maroc ces dernières années, et dont la plus récente a eu lieu dans la région de El Rharb, prés de Souk el Arba, exactement à Ouled Jalifa, où les paysans se sont affrontés avec les Forces Auxiliaires, (affrontement pratiquement armé, qui s’est soldé par six morts et de nombreux blessés et détenus), en est la preuve. Des événements semblables ont eu lieu dans d’autres régions du nord et du sud qui n’ont pas eu autant de retentissement que celle de Ouled Jalifa. Ce qui compte, c’est le pourquoi de ces insurrections. Actuellement la politique de l’oligarchie au pouvoir est lié chaque fois plus aux nécessités de l’impérialisme

L’impérialisme en est peut être à sa phase finale et il ne peut plus baser sa domination sur l’existence de régimes démocratiques. Ces régimes doivent se fasciser rapidement pour servir leurs intérêts. Leurs appétits sont chaque fois plus grands. En ce qui concerne le Maroc, une expropriation systématique des paysans est en train de se dérouler et de grands latifundios sont en train de se constituer. La politique de construction de barrages est mise au service de l’oligarchie. Dans la région du Rharb, où ces événements se sont produits, 60 pour cent des terres appartiennent à un nombre réduit de paysans. Des paysans qui ne sont que des seigneurs féodaux. Cette structure se reproduit, il est donc inévitable que se développe la politisation des paysans et que se produisent des affrontements comme celui de Ouled Jalifa.

Sur le plan de l’industrie, le capitalisme étranger est chaque fois plus vorace et ambitieux. Les luttes ouvrières de plus grande envergure se déroulent dans le secteur du phosphate, dans les mines. Ce qui signifie que la classe ouvrière et les paysans se trouvent dans une phase pratiquement pré révolutionnaire. La lutte de classes est tellement avancée que l’ont peut prévoir une véritable explosion. C’est ici qu’interviennent les organisations révolutionnaires. Face à ce potentiel révolutionnaire, qui est objectif, l’opposition est totalement désarticulée.

Par exemple la gauche, après la mort de Mehdi Ben Barka, qui sut mener ses idées jusqu‘à ses dernières conséquences, a pratiquement abandonné la direction de la lutte des masses populaires. L’Union Marocaine des Travailleurs (UMT) est une organisation bureaucratique pure et simple, qui a négocié à maintes occasions avec le pouvoir le destin des ouvriers. L’Union Nationale des Forces Populaires (UNFP) est tombée entre les mains de politiciens qui sont dans l’expectative et qui espèrent un changement du pouvoir, au lieu de l’espérer des masses. Le Parti Communiste Marocain a subi le même processus d’expectative, et nous avons assisté à sa division qui l’a privé de la majorité des militants révolutionnaires, qui veulent faire la révolution avec quelque chose de plus que des paroles.

A mon avis cette situation ne constitue pas un affaiblissement mais plutôt une mise au point des révolutionnaires au Maroc. Il y a à peine quelques années, le révolutionnaire de gauche n’entrevoyait aucune issue, parce que la gauche tentait d’obtenir des changements, des réformes, de la structure du pouvoir. Aujourd’hui il a compris qu’il est impossible d’obtenir des réformes démocratiques de cette oligarchie, et que seule
la lutte de masse est capable de l’obtenir. Le problème s’est donc posé dans des termes authentiques.

PL

_Aux yeux d’un observateur étranger l’alliance Istiqlal-Forces Populaires d’où est né la Kutlah al Watania (Front National) est assez surprenante. L’ordre des choses semble avoir été bouleversé ces dernières années. En simplifiant beaucoup, avant le Parti Istiqlal se présentait avec une certaine histoire mais sans idéologie et les Forces Populaires avec cette idéologie mais tendant à la révolution par en haut, au putschisme. Aujourd’hui les Forces Populaires semblent marquer le pas alors que le Parti de l’Istiglal revit toute sa vieille politique de l‘époque de la lutte pour l’indépendance, et se montre plus combatif. Le Parti Communiste, qui semblait constitué principalement par des intellectuels, bien qu’il n’ait pas changé en soi, s’est scindé.

AL

Cette analyse est correcte. L’unique manifestation politique subversive apparente pour faire face à tout cela c’est celle de l’Istiqlal. Mais il ne faut pas s’y tromper. Car lorsque l’Istiglal de Allal el Fasi dit: “la terre aux paysans”, ceci fait partie d’une acrobatie, de pirouettes que la bourgeoisie alterne de concert avec les tactiques du pouvoir. Il suffit que le pouvoir sourie, ouvre une fenêtre à la bourgeoisie pour que celle-ci accepte une nouvelle fois de participer. Mais l’essentiel, semble-t-il, c’est qu’actuellement de toutes façons, l‘échec de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie est total, et la voie révolutionnaire reste ouverte.

PL
Un changement révolutionnaire ne dépend pas uniquement d’un état de conscience, mais demande des moyens pratiques, une organisation et une direction des masses. C’est ce que je pense qui n’existe pas au Maroc actuellement. Au moins en apparence.

AL

Je crois que cette organisation est nécessaire. De toutes façons dans leur lutte révolutionnaire les masses l’imposeront et les cadres de cette organisation surgiront de la lutte populaire. C’est une évolution inévitable. Les idées que je vous ai exposées sont à présent très claires pour un grand nombre d’intellectuels révolutionnaires qui pensent se mettre au service des masses. Ceci ne signifie pas que, sur le plan de la réalité, nous nous trouvions devant une application immédiate de ces idées. Et, bien sûr, cela ne signifie pas non plus que nous n’en soyons qu’au stade des “voeux pieux”.

PL

Le Maroc grâce à une politique étrangère habile, se projette vers l’extérieur sur deux longueurs d’onde différentes. Dans sa politique étrangère, il vote à l’ONU et dans les organisations africaines en faveur des mouvements de libération, soutient les palestiniens dans leur lutte. Quelles sont selon vous les réalisations, les actions positives – si vous considérez qu’il en existe certaines – de ces 10 années de gouvernement de Hassan II?

AL

Personnellement je vois surtout que le peuple, les masses travailleuses, ont supporté tout le poids de la lutte de libération et ont sacrifié des milliers de martyrs pour que le soleil de l’indépendance brille sur le pays, et que si leurs sacrifices n’ont pas été inutiles, ces masses ne bénéficient cependant pas de l’indépendance. II faut s’en tenir aux statistiques du pays pour juger si le gouvernement a fait ou non quelque chose de positif sur le plan économique, politique et social.

Actuellement, selon les statistiques officielles, il y a 700000 chômeurs au Maroc, et l’on prévoit que ce chiffre augmentera dans les années à venir, ce qui consiste à fermer les portes systématiquement au peuple. Sur le plan social on assiste à la même stagnation de l‘époque du Protectorat. II y a eu une évolution minimum de la société marocaine la même qui aurait pu se produire sous le Protectorat.

En somme, je ne vois pas de réalisations, je ne vois qu’une politique répressive et obscurantiste. De toutes façons le cas du Maroc n’est pas unique, il est semblable à celui de tous les pays dominés par l’impérialisme. Notre espoir repose sur le potentiel révolutionnaire des masses, le développement de la conscience chez les jeunes, et l’affaiblissement de l’impérialisme à échelle mondiale.


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