618c txp page_title/> Domingo del Pino: Les islamistes radicaux, croisés de l'Islam

Artículos sobre Islam e Islamismo



Les islamistes radicaux, croisés de l'Islam :: 29/02/1996

D. del Pino. Conférence au Centre pour la Paix de l’université de Grenade, 1996

C’est par hasard qu’au début de la guerre civile au Liban je suis allé vivre avec ma famille dans une maison mitoyenne avec celle du leader druze Kamal Jumblatt, au quartier de Moussaitbe, dans la capitale libanaise. L’immeuble ou mon épouse et moi avions loué un appartement avait cinq étages et dans une certaine manière il étouffait la maison de Jumblatt qui n’avait que deux étages.

La cour intérieure de la maison du chef druze n’était plus ce qu’elle avait été une vingtaine d’années auparavant lorsqu’elle avait été construite. Plusieurs grands bâtiments avaient été construits dans ses alentours la privant de soleil et de lumière la plupart de la journée.

En 1974, peu avant le déclenchement de la guerre civile, les milices partisanes qui faisaient déjà la loi dans tout le pays étaient mieux équipées et armées que la propre armée régulière. Les seigneurs libanais de la guerre, ceux magnifiques chefs de clans qui soufflaient le chaud et le froid, se saluaient de temps en temps avec ces aimables manières par lesquelles ils étaient fameux.

Saeb Salam, le grand “parrain” sunnite, qui habitait Basta, non loin de Jumblatt et en tout cas à la portée d’un tir de mortier de sa maison, ordonnait a ses hommes de tirer de temps en temps un coup de mortier dans la direction de la maison du chef druze pour lui faire part aimablement de sa présence dans le quartier.

Nous, qui étions depuis quelques années au Liban, nous savions déjà que les seigneurs de la guerre ne se tirent pas vraiment à tuer les uns aux autres, mais nous avions peur qu’une balle perdue puisse tomber dans notre appartement. Lorsque la fusillade commençait nous sortions de notre maison et allions nous protéger près de la maison de Jumblatt que nous croyions plus sure.

Jumblatt, cet homme remarquable, pacifiste, qui aimait cultiver son image de végétarien et admirateur de Ghandi, avait installé ces jours troubles une mitrailleuse antiaérienne dans la cour de son domicile, je suppose que pour rendre la politesse à M. Saeb Salam a qui il ne manquait jamais de répondre en tirant d’une manière aussi inoffensive dans la direction de la maison du chef sunnite.

Je rappelle tout cela aujourd’hui parce que M. Jumblatt était préoccupé par la possibilité que des grands hommes libanais comme lui et Saeb Salam puissent s’entretuer par mégarde, et aussi parce que à son avis les libanais pourraient se laisser entrainer dans une guerre civile para pure ignorance politique.

Ses rencontres avec cheikh Pierre Gemayel, le chef des Kataeb (phalanges chrétiennes), et les siens au Majliss al Nuab (Chambre des députés) lui énervaient et il répétait que plusieurs fois il avait était obligé pendants les discussions houleuses de la chambre de lancer des avertissement à Cheikh Pierre : « Mais voyons Cheikh Pierre, cela c’est à moi de le dire parce que je suis le progressiste et l’homme de gauche dans cette Chambre ».

Kamal Jumblatt craignais que par manque de culture politique, Cheikh Pierre était bien capable d’envoyer ses hommes mourir pour des questions qu’il n’étais pas censé défendre. Bien sur, ces opposants palestiniens, chiites et musulmans étaient aussi prêts toujours à combattre cheikh Pierre rien que pour lui contredire. Les guerres civiles sont souvent ainsi.

Il y a une leçon que j’ai cependant bien appris au Liban et c’est que les végétariens peuvent ne pas manger de la viande mais ils tuent comme les carnivores. Les gens qui s’entretuent et s’assassinent dans les rues et les tranchées de Beirut, parfois de voisins, des frères ou des cousins, tuent les autres seulement parce qu’ils appartiennent au groupe opposée. Ont tue les gens de l’autre groupe parce qu’ils sont de l’autre groupe. Le drame est doublement grand parce que très souvent on ignore réellement ce que l’autre dit ou veut.

Il m’arrivait de penser que notre guerre civile à nous espagnols avait été parfois ainsi. Mon grand père paternel, qui était membre du Parti Républicain Radical, avait été assassiné par quelqu’un que théoriquement aurait du être de son côté mais qui n’avait pas compris l’anticlericalisme de mon grand père. Mon grand qui n’était pas un passionné de la politique, s’était inscrit au parti républicain parce que son père et son grand père avaient étés des républicains.

A cette époque il était de bonne éducation hériter tout ce que le géniteur avait laisse en héritage, même son parti politique. Mais en 1940 mon grand père sauva sa vie parce que un voisin phalangiste qui dans le temps heureux de la preguerre était de sa même tertulia au café l’avait vue dans le camion qui menait une trentaine de républicains au paredon pour y être fusillés et lui avait dit : « Mais don Domingo, homme de Dieu, qu’est ce que vous faites là haut. Descendez tout de suite ».

Mon grand père, qui à cause de ces affaires avec les anglais avait acquis une certaine flegme anglaise, lui répondit avec tranquillité : Ah, merci don Severiano. Ce camion est réellement inconfortable.

Cet honnête homme d’affaires républicain et rotarien qui était mon grand père lisait avec une dévotion républicaine des auteurs comme Nietzche, Kierkegaard et Schopenhauer, dont les bouquins avaient été imprimés par milliers par la République dans des éditions illustrés sans que l’on sache pourquoi. Les fils de mon grand père, mes tantes et mes oncles, brûlèrent après le triomphe de Franco la plupart de ces livres, qu’ils croyaient des lectures juives ou maçonniques, par peur d’être persécutés s’ils les gardaient dans la maison.

Quelques exemplaires se sont sauvés quand même de cette folie incendiaire et ce grâce a cela que j’ai lu, quand j’étais encore tout jeune « L’amour, les femmes et la mort », le titre que le traducteur espagnol avait donné a un des œuvres les plus hermétiques de Schopenhauer, tout en croyant que c’était un ouvrage pornographique. L’illustrateur espagnol avait eu l’idée d’illustrer ce livre avec une danseuse de flamenco en couverture qui montrait la moitié de sa cuisse droite, blanche et savoureuse, ce qui était très osé à l’époque même dans l’Espagne républicaine.

A cause de la photo cette lecture est resté gravée dans ma mémoire comme ma première lecture pornographique d’un texte auquel je n’avais rien compris. Depuis ce jour la pornographie est inscrite dans mon subconscient comme quelque chose très cryptique et incompréhensible. Je pense que l’on peut me pardonner parce que je n’avais que dix ans et à cet age je n’avais pas encore vu beaucoup de cuisses de femmes et les apparences sont parfois trompeuses.

Mais c’est une grande leçon pur moi qui dévorait tout imprimé qui tombait entre mes mains. Mes premières inquiétudes sociales et progressistes me sont venues en lisant l’ouvrage anonyme médiéval « Geneviève de Brabant », un autre livre que j’avais trouvé dans le débarras de la maison et qui m’avais fait verser une ou deux larmes pour le sort injuste de la pauvre Geneviève condamné par l’injustice humaine a vivre dans une caverne froide et humide avec sa petite fille.

Actuellement j’essaye de ne pas juger aux apparences mais vous conviendrez avec moi que l’apparence et le réel sont parfois difficiles à distinguer. J’ai surtout une certaine aversion pour les groupes, les tribus, les partis, les congrégations, qui essayent de substituer et de noyer l’individuel dans le collectif et de substituer la capacité individuelle de penser et raisonner individuellement par la pensée et la décision du groupe. Je déteste surtout juger des contenus des livres par leurs couvertures où par la filiation politique de ses auteurs. En réalité je lis très peu de livres des auteurs de filiation politique reconnue.

En tant que journaliste je prends soin d’éviter l’idée que les cultures, les religions, les peuples, les faits, sont bons ou mauvais selon le rapport émotionnel que nous avons établi avec eux. Après vingt ans de travail professionnel dans le monde arabe ce que je constate ce la résurgence quasiment médiévale des intolérances, la prolifération des stéréotypes, le renforcement des idées préconçues, et la lente mais progressive et constante séparation des cultures et des civilisations de deux rives de la Méditerranée.

Ceux qui gouvernent, inspirés parfois par ceux que lisent les livres seulement par les couvertures, ont parlé de l’ancrage politique de la Méditerranée du sud à la Méditerranée du nord. Les économistes sont préoccupés para la nécessité de restreindre les flux migratoires et favoriser les flux commerciaux, ainsi que par les transferts des richesses entre le Nord et le Sur. Sans nier l’importance de ces questions, je pense qu’il est urgent d’établir un dialogue beaucoup plus large, plus universel, que j’appellerais dialogue de civilisations, mais je peur d’être classe parmi les utopistes.

Ce dialogue ne saurait être limitée aux politiciens et aux économistes mais a tous ceux qui peuvent et son capables de parler au nom de ses cultures qui nous élognent chaque jour d’avantage : la culture judeo-chretienne et occidental, et la culture arabo-musulmane. La xenophobie et le racisme s’etendent par toute l’Europe et aussi partout dans le sud.

L’indifference, l’opposition, voire l’aversion à l’Occident est déjà le moteur ideologiquer dans une grande partie du monde arabo-musulman.

L’absence généralisée d’une authentique démocratie, la demoralisation quei a suivi l’echec de toutes les grandes aventures ideologiques entreprises, nationalisme, baasisme, nasserisme, socialisme, et le traumatisme permanent de la Palestine, le soupçon de collaboration avec l’occidente qui pese sur les élites arabes occidentalisées et sur les gouvernements actuels, on fat de l’islamisme radical un refuge intelectuel et pratique contre l’Occident, une civilisation laquelle, depuis ls Croisades ou depuis la perte de Grenade pour la Dar el Islam en 1492, habite dans la memoire collective des musulmans comme civilisation hostile.

Les evenements les plus recents ne sont pas de nature à dissiper ces prejugés. La coalition occidentale contre l’Irak sous le leadership des Etats-Unis, mis à part les raisons qui les motivent, les menaces actuelles contre Muammar el Ghaddafi, quels qu’ils soient ses fondements, ne constituent pas des elements qui invitent à changer cet etat d’esprit.

On parle avec insistence du novel ordre international, mais pour la majorité des arabes c’est tout simplement l’ordre des Etats-Unis et de l’Europe, celui des pays riches et puissants. Les media occidentaux son en même temps si influents et puissants qu’une presentation edulcorée de notre passé historique peut toujours faire passer Schopenhauer pour un auteur pornographique.


Ayuda Textile
0